588 974 visites 10 visiteurs

A la découverte d’un homme fidèle à son sport et à ses valeurs : Michel Luengo

16 avril 2020 - 11:09

Bonjour Michel, tout d’abord comment allez vous et comment vivez vous cette période de confinement ?

Nous tenons le coup en respectant les consignes, nous avons la chance de profiter du jardin. Comme tout le monde, je sors pour faire les courses et m’autorise quelques moments de marche dans notre quartier de Cauderan avec mon attestation !!! Nous sommes surtout inquiets pour les étudiants du Kedge Business School que ma femme et moi encadrons notamment lors des examens de fin de d’année.

 

Est-ce que vous pouvez vous présentez brièvement ?

Né en 1945, je suis un enfant de Bordeaux du quartier Saint-Bruno, de la rue François de Sourdis plus exactement. J’ai été fils unique pendant 15 ans avant que mes parents décident de me donner un frère. J’ai fait des études classiques jusqu’au Bac avant d’entrer dans la vie active. J’ai fait toute ma carrière dans le secteur automobile en qualité de Directeur des ventes (les connaisseurs connaissent peut-être la marque Delphi filiale d’Opel).

 

Votre histoire avec le handball, débute quand ?

Je dois préciser que j’ai commencé le sport en pratiquant le football aux girondins. A 16 ans, une blessure à la cheville m’incite à m’orienter vers le handball. J’adhère naturellement au club de mon quartier. En 1972, le Maire de Bruges, Monsieur Manaud, favorise la création d’un club de handball dans sa commune et les anciens de Saint-Bruno avec le club de l’ASPTT Bordeaux se lancent dans l’aventure. Je reste quelques saisons au club de Bruges. N’adhérant pas à la politique sportive du club et après 3 montées successives, je décide de changer d’horizon.

 

C’est à ce moment là que vous arrivez aux Girondins ?

J’arrive effectivement aux Girondins en 1974. La section handball des Girondins de Bordeaux Omnisports a vu le jour en 1945 et pour partie découle de l’ASB Nansouty. A ce moment-là, la section est sportivement au creux de la vague. Je me rappelle que personne dans l’équipe n’avait voulu aller récupérer les médailles suite à notre victoire en championnat honneur de Gironde.

Un tournant important a été le volonté conjointe de la Mairie de Bordeaux et de la Fédération Française de Handball de constituer un grand club à Bordeaux. Jacques Chaban Delmas et Jean Ferignac, ancien international et ayant commencé sa carrière au BEC, aident à la constitution d’une nouvelle entité qui voit le jour en 1986. Le HBC des Girondins de Bordeaux, désolidarisé du club omnisports voit arriver sous ses couleurs les meilleurs joueurs de la région : Bruno Rios (ASPOM), Bruno Seguin (BEC) et Frétilleur (SPUC) entre autres… et prend la place du club de Pessac en championnat de France. L’équipe est alors entraînée par le duo René Vernet et Michel Proeres et les rencontres se déroulent au Palais des Sports.

A cette époque, je suis membre du bureau et j’assiste à la montée du club dans la hiérarchie du handball français. C’est un entraîneur bosniaque qui est appelé à prendre les rênes de l’équipe, Boro Golic, à partir de 1988. Dès la première année, le club est promu en D1 et en 1990, à la surprise générale, remporte la Coupe de France face au « grand » Gagny.

Ce sont les heures fastes du handball girondin, et pour ma part, je suis amené à travailler en collaboration avec une personnalité bordelaise, Monsieur Claude Bez, Président du club de football des Girondins de Bordeaux. Je me rappelle qu’au soir de notre accession en Division 1 en 1989, il retarda le début d’un match pour nous faire ovationner par les tribunes du Parc Lescure (aujourd’hui Stade Chaban Delmas). A de nombreuses reprises, il a aidé le handball girondin comme beaucoup d’autres sports dans notre ville.

 

Et c’est un peu par hasard que vous devenez Manager Général du club ...

Oui en effet, c’est à l’occasion de la saison 90/91 et du match de coupe des coupes qui nous opposait au club de Bidassoa. Je parle espagnol et c’est pour cela que je me retrouve préposé à l’accueil de l’équipe adverse. Une réception à la Marie, un dîner au Haillan que le club de football des Girondins venait juste d’aménager. J’ai longtemps gardé des contacts avec les dirigeants basques.

Avec cette bonne expérience et à la faveur d’un concours de circonstances, je me retrouve Manager de l’équipe première sans vraiment le vouloir.

Cette anecdote me rappelle notre seconde expérience européenne lors de la saison suivante après une troisième place en championnat : nous avons disputé notre 8ème de finale aller face au SKA Minsk à Pau devant 5 000 spectateurs. De grands souvenirs malgré a défaite (24 à 32) !

Au terme de la saison 90/91 le club de football est relégué en seconde division, et les liens avec le club des Girondins FC sont définitivement rompus.

Le club parvient bon an mal an à se maintenir en D1 mais sans pouvoir jouer les premiers rôles jusqu’en juin 2002, ce qui faisait des girondins à l’époque, le club le plus ancien à ce niveau avec l’US Ivry.

Nous ratons la remontée immédiate dès 2003 sur le dernier match contre Cesson Sévigné ce qui nous plonge par la suite dans une crise sportive durable (relégation en N1 en 2004).

Nous avons ensuite navigué de Division 2 à la Nationale 1 sous la direction de Geoffrey Cassagne et Loïc Camberou.

Nous avons connu de beaux moments notamment en 2011 en coupe de France contre Saint Raphaël alors en 1ère division. Ce jour là le petit poucet écrase un club professionnel aux pénaltys.

(Girondins de Bordeaux vs St-Raphaël Var HB : https://www.youtube.com/watch?v=Ew8_kqAchZI)

Petit à petit, le projet s’est structuré et Geoffrey a pris du recul en prenant la Direction technique du Club et en cèdant sa place sur la banc à Erick Mathé. Mieux organisé et plus discipliné, en voie de professionnalisation avec un recrutement malin, le club remonte en Division 2 en 2013/2014 et après une saison méritoire sur le plan sportif, le HBC des Girondins de Bordeaux dût déposer le bilan en raison de difficultés financières.

 

Après cet échec, j’imagine qu’il a été difficile de remonter la pente ?

Effectivement, cela a été un coup de grâce et la fin de l’histoire. Le dépôt de bilan a été un vrai traumatisme pour les dirigeants, pour les joueurs contraints de trouver de nouveaux clubs. Erick a fait jouer son réseau pour aider nos joueurs. Joël Guégan, Président, a quitté ses fonctions. Pour ma part, je ne voyais pas de solution mais sous l’impulsion de Christian Malichecq, Pascal Lobre, Dominique Guinobert, une nouvelle structure dénommée Girondins de Bordeaux Bastide a été créée pour permettre aux jeunes licenciés de continuer la pratique du handball sur la rive droite. Conjointement, Fabien Drouin avait initié un travail avec les jeunes du quartier. La municipalité de Bordeaux ayant eu connaissance de ces diverses actions a poursuivi son soutien. Une nouvelle dynamique était née. L’équipe première des Girondins repart en Nationale 2.

Je décide de poursuivre sur le banc dans cette période difficile aux côtés de Fabien en 2014 la première saison puis de Loic en 2015.

 

Et puis c’est votre départ du club … pour finalement revenir.

Avec le projet de l’Union et le rapprochement avec le club du CM Floirac Cenon, je décide que c’est le moment pour moi de prendre du recul. Le club repartait sur un nouveau projet et il était temps pour moi de laisser la place. Le club m’a fait une belle surprise en fin de saison lors de notre soirée sur la Garonne. J’ai été extrêmement ému par la présence de Bruno Rios lors de la soirée d’au revoir. Je suis resté le premier supporter du club et venait assister aux matchs à Dauguet durant une saison et c’est Xavier Chaumel qui m’a convaincu de revenir. J’ai finalement accepté. Je raconte toujours mes histoires de handball aux joueurs, cela les fait sourire. J’essaie d’être une oreille attentive pour chacun des joueurs. Ce qui me fait rester, c’est que tous ces jeunes sont très sympas, vraiment.

 

Pour en revenir aux joueurs, vous avez croisé beaucoup de grands joueurs, lesquels vous ont marqué  plus particulièrement ?

Les joueurs du début bien entendu, Patrick Bos, Christophe Rouvier, Olivier Bouquin aujourd’hui à Ledge Cap Ferret et bien sûr Bruno Rios. Chauvet également, Jérôme Chauvet.

Sinon il y a eu Zlatko Saracevic, certainement l’un des plus grands, … C’est Boro qui l’avait fait venir du club de Banja Luka . Il y a eu quelques joueurs de ce club mythique du handball en Bosnie Herzégovine (aujourd’hui) qui sont venus jouer chez nous. Le dernier en date, notre pivot Stefan qui est un garçon très sympa et qui a fait ces premiers matchs en fin de saison.

Je pense également à Olivier Maurelli qui est venu chez nous puis est parti à Montpellier.

Je termine en évoquant le souvenir du roumain Ciprian Besta qui a terminé meilleur buteur du championnat de France en 2001 ainsi que Marc Wiltberger. Que des grands noms qui ont marqué l’histoire du championnat de France.

 

Il y a eu Jerôme Fernandez aussi …

Oui bien sur, il est arrivé chez nous à 16 ans et on a tout de suite vu que Jérôme était très doué. Malheureusement à l’époque Boro était très dur avec les plus jeunes et Jérôme n’a pas bénéficié de beaucoup de temps de jeu, il a du partir à Toulouse. Yohann Ploquin a également souffert de cette situation.

 

Pour en revenir à cette saison et la fin anticipée du championnat ?

Même si le calendrier nous donnait l’occasion de recevoir coup sur coup nos concurrents directs pour la montée, je pense que Billère était au dessus et mérite la montée. Les blessures nous ont vraiment handicapés tout au long de la saison. N’oublions pas que nous étions promus.

 

Michel, avez-vous un message à passer ?

Non simplement de continuer, il faut intégrer les jeunes de la région, Xavier est un très bon formateur.

 

Nous arrivons au terme de notre entretien alors est-ce que vous repartez avec l’équipe la saison prochaine ?

Il est vrai que j’envisageais d’arrêter mais en fait je suis toujours en réflexion. Nous en discutons avec Xavier. On va voir...

 

 

Cet Interview de Michel Luengo nous a permis de faire un zoom arrière sur l’histoire du club des Girondins de Bordeaux bastide HBC. Pour ma part, j’ai découvert un homme discret qui n’aime pas beaucoup parler de lui et un dirigeant attaché aux valeurs du bénévolat. Un grand merci Monsieur Luengo pour votre confiance et un grand merci pour votre fidélité au club des Girondins. Ch D.

Commentaires

PAGE INSTAGRAM

Rendez-vous sur notre page Instagram !

 

https://www.instagram.com/girondinshandball/?hl=fr

 

STAGE FERNANDEZ 2020